MON SEJOUR A SEGOU

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Nous étions en 2002, le Mali organisait la CAN après celle du tandem Ghana- Nigéria deux ans auparavant. En débarquant à Bamako, deux choses me tenaient à cœur. Visiter les lieux d’offrandes du Roi Biton Mamari Koulibaly sur le fleuve Niger à Ségou, et le Tata de Tiéba Traoré le Roi du Kénédougou ainsi que le Mirador-Potager de sa Reine à Sikasso. Je tenais à voir de mes yeux ce que j’avais appris à l’école et à travers mes différentes lectures dont je suis un passionné. DIEU merci les deux villes abritaient des poules de la prestigieuse compétition.

SEGOU : Ma femme Hadja Fatoumata Binta Bokoum en est originaire, et à Bamako, je logeais déjà dans sa famille au quartier Faladié dont Dinguiraye est le prolongement avec ceux de se grands parents qui étaient fonder la ville Sainte sous la direction de Saikou Oumar Tall. Les autres membres de sa famille étaient donc restés à Ségou et me servirent de guide pour satisfaire ma curiosité. Les lieux gardaient toujours leur mythe et faisaient peur à l’étranger quand on sait combien d’histoires et de légendes ont puisé leur fertilité et leur fécondité en cette partie du Majestueux Dioliba, l’artère hydrique nourricière de l’Afrique de L’Ouest. Je ne pus m’empêcher d’y rester des heures et des heures avant de me rendre au stade pour couvrir la CAN en compagnie des membres de ma belle-famille Bokoum de Ségou.

SIKASSO : C’est au crépuscule que je suis arrivé dans la ville. Je suis aussitôt allé saluer mes confrères Souleymane Habuba et Ouattara Hegaud qui étaient les Officiers Médias de la CAF pour le site de Sikasso. Le lendemain était un jour de marché hebdomadaire. Du monde affluait de partout. Je m’approchai du mystérieux Tata toute de pierres, qui gardait encore toute sa solidité malgré l’usure du temps. Un marché d’ovins et de caprins se tenait juste à coté d’une de ses parties tout en rappelant les pages glorieuses et sombres de l’histoire de ces lieux, dont la plus célèbre pourrait etre celle de Kémé Bouréma, le frère cadet et Chef des Armées de l’Almamy Samory Touré. En effet c’est lors du siège de Sikasso, que L’Empereur du Wassoulou perdit une bonne partie de l’élite de son Armée placée sous le Commandement de son Chef. Pour le prestige et le rayonnement oui, mais surtout pour satisfaire aux désirs de la très belle Sarankenyi Konaté, la préférée de l’Almamy qui souhaitait avoir les feuilles de Gombo du potager de la Reine de Sikasso. Or, cette dernière selon la légende, avait demandé et obtenue que son jardin soit placé sur un mirador ou on y monte de la terre noire pour produire des légumes de toutes sortes. En plus le jardin potager de la Reine de Sikasso était gardée par les guerriers du Palais. Par ce geste, la Reine voulait montrer sa supériorité aux autres femmes du Royaume de Kénédougou. Je ne me fis pas prier le Tata et l’intérieur du Palais dont les vestiges parmi lesquels le puits de Tieba Traoré et de son frère Babemba, résistent encore au temps et aux intempéries. De nombreux Historiens et Hommes de Culture pensent que la campagne de Sikasso par les nombreuses pertes et la défaite qui s’en est suivie, n’avait pas sa raison d’être et a fortement contribué à l’affaiblissement de l’affaiblissement de l’Almamy Samory Touré dans sa lutte contre la pénétration coloniale.

Amadou Diouldé Diallo.