BARRY DE KOLLET N’EST PLUS

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Il se présentait à moi comme étant le premier fils de mon père. Preuve de l’excellence des relations qu’il entretenait avec lui au terme de son long service militaire qu’il acheva chez lui à Télimelé, en qualité de Commandant de Peloton de la Garde Républicaine.

Cet amour filial était tellement vrai que suite à  des plaintes du grand Frère Barry de Kollet qui m’accusait de n’avoir pas dit son nom à la Radio et à la Télévision notre père m’engueulait parfois publiquement. Et de retour à Conakry, je m’empressais de trouver un motif ou d’en inventer pour parler du grand frère avec une inflation d’épithètes et de superlatifs. Alors quand je revenais à Télimélé, c’est lui-même qui s’empressait de demander à notre père de faire des bénédictions pour moi.et puisque j’avais appris la leçon, je ne me suis plus fait remonter les bretelles par notre père. Je parlais régulièrement de Barry de Kollet dont la passion était le sport, l’arbitrage notamment.

Il a couru dans ce couloir jusqu’à devenir International.il me racontait ses missions à l’extérieur et avait gardé de très bons souvenirs de l’hôtel Novotel de Libreville ou moi-même j’avais séjourné en qualité d’officier Média CAF à la faveur de la CAN 2012 au Gabon.

Rien ne se passait à Télimélé sans Barry de Kollet. C’était le prince Charmant de la cité, le seul à me faire passer obligatoirement la nuit au centre-ville alors que je continuais toujours au village à Santou. Alors je logeais chez lui de force et mangeais à volonté avec un assaisonnement d’anecdotes comme il en connaissait beaucoup.

J’étais en fait une fierté pour lui.il prenait ma voiture et se promenait dans la ville avec tout le boucan et le don de la réplique qui le Caractérisait.

Une arthrose sévère a eu raison du fils ainé de mon père qui le rejoins ainsi au royaume des cieux et l’un des fils de Télimélé dont le nom est inscrit au Panthéon des grands serviteurs du sport,de l’humanité qui comme le disait l’historien Jean Baptiste Vico, est de plus de morts que de vivants.

 

Repose en Paix Koto.

Amen

Amadou Diouldé Diallo

                                                                                                                               Journaliste-Historien