BOUBACAR KANTE : ILLUSTRE PARMI LES ILLUSTRES

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Il était l’unique garçon et ainé des sept filles de Nna Doussou Kanté de Dabola, la ville la plus au centre de la Guinée. Comme tous les enfants de son âge, Boubacar Kanté fréquenta l’école coranique avant d’être inscrit à celle Française qu’il poursuivra au collège et lycée de Kindia. C’est là qu’il sera piqué par le virus du ballon rond en devenant gardien de but de son école. Par la suite, les quelques rares journaux sportifs sous la plume de l’emblématique Jacques Marchand de France Football, vont créer chez lui, la passion de la presse : sportive et culturelle. Un stage de formation en Allemagne va rapidement renforcer les capacités du fils de Nna Doussou Kanté. Il partage désormais son temps entre les bureaux de Syliphone, les studios de la « Voix de la Révolution », la Radio Nationale, et les cabines de reportages du Stade du 28 Septembre. Boubacar Kanté arrive au moment ou les reporters Alpha Ibrahima Mongo Diallo et Abdoulaye Sylla prennent la retraite, laissant le plancher à Pathé Diallo et Kabiné Kouyaté qui seront par la suite, par Gaoussou Diaby ,Ckeik Fantamady Condé et Oumar Dieng. Au crépuscule des années 60 qui voient le football guinéen prendre ses marques avec la participation du Sily National aux jeux olympiques de Mexico en 68 et sa première CAN en 70 au Soudan. Justement c’est à Khartoum que Boubacar Kanté et Pathé Diallo vont prendre part à la création de L’UJSA Union des Journalistes Sportifs Africains avec leurs confrères Tschimpupu Wa Tschimpupu du Congo Kinshasa, Jean Gilbert Foutou de Brazzaville, Fekrou Kidane de L’Ethiopie, Thiam Belafonte et Emmanuel Koffi de la Cote D’Ivoire entre autres. Mais c’est la retransmission en direct de Kampala de la première finale du Hafia fc de Conakry contre le Simba Uganda Army du virevoltant Wandéra au Nakivubo Stadium de Kampala, qui va définitivement montrer toute la classe de « l’Enfant de Dabola ». le sacre du  Hafia, son dialogue avec le Président Ahmed Sékou Touré à qui il avait transmis le message de son Homologue Idy Amine Dada qui le traitait de grand Lion d’Afrique. Plus tard Boubacar Kanté confiera qu’il ne voulait pas se voir voler la vedette par le Président, et que c’est le moyen qu’il avait trouvé de le couper à l’antenne avec la complicité de son technicien Yamoussa Touré. La même complicité qu’il avait eue avec Souleymane Chérif qui avait remporté cette année là, le 3e Ballon d’Or Africain après le Malien Salif Keita Domingo et le Ghanaen Ibrahim Sunday. C’est à la même période qu’en sa qualité de Directeur de Syliphone, il fait commémorer les dix ans de succès du Bembéya Jazz National que sa voix male accompagne dans un français d’une limpidité de cristal. Avec Pathé Diallo en position Commentateur et lui en Narrateur, les deux vont constituer le premier duo au monde sur ce registre. Si l’on admet qu’il nya pas de grandes équipes sans grands reporters sportifs, on peut dire sans risque de se tromper, que  les bonnes performances du Sily National, du Hafia et du Horoya, ne sont pas étrangères à l’excellence des hommes de la plume et du micro de ces moments de grande nostalgie. Malgré toute cette popularité qui le loge à l’enseigne des grands, Boubacar Kanté sait qu’une Révolution se nourrit toujours de ses meilleurs fils. Il en est un. Et par un réseau d’amis dans les hautes sphères de l’Etat et du Parti, il est mis en garde et vivement conseillé de quitter le pays avant qu’il ne soit trop tard. Il va donc profiter du Festival Panafricain de Tunis en 73, pour prendre le chemin de l’exil. Il va poser ses valises à Abidjan en Cote d’Ivoire.

A suivre

Amadou Diouldé Diallo