MA REPONSE AU GENERAL IDI AMIN CAMARA

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Lorsqu’on a décidé de transformer le camp militaire en amphi de fac de lettres et sciences humaines, les civilités académiques voudraient que le Professeur fut-il Ministre de la Défense, se présenta.

Pour le Général de Gendarmerie Aboubacar Sidiki Camara dit  Idi Amin, cette présentation devrait être de deux ordres :

Académique par le CV, et Militaire par les exploits guerriers.

Malheureusement il ne s’est pas soumis ni à l’un ni à l’autre.il a directement dégainé comme on le dit dans le jargon militaire et de surcroit, avec la prétention affichée d’être la meilleure tête de notre Armée.

Et pourtant celle-ci  a compté et compte encore dans ses rangs, des Officiers d’Honneur, de Valeur et de Courage qui ont fait leurs preuves non seulement en Guinée, mais aussi sur de nombreux fronts en Afrique et dans le Monde.

Face à un auditoire soumis de force au respect de la règle de la discipline militaire, le Ministre de la Défense Nationale a touché le fond dans la déformation de l’histoire de notre pays et la destruction des

Fondements de la Nation.De la République aussi.

Or la nôtre comme d’ailleurs presque  toutes celles qui existent sur la carte de l’Afrique, sont le fait de tracés coloniaux avec à l’intérieur, des peuples divers qui ont été contraints de vivre ensemble ,donc de s’accepter mutuellement dans une communauté de tout en partage.

Partant de ce constat,il est inadmissible surtout de la part d’un Officier Supérieur de l’Armée de surcroit Ministre de la Défense, de s’attribuer le rôle paternaliste  de délivrance de la citoyenneté à tel ou à tel guinéen ou de groupe de guinéens en poussant le ridicule jusqu’à leur dénier l’appartenance à ce pays.

Alors en le faisant publiquement dans un camp militaire censé être le nombril de la République, on peut bien se poser la pertinente question de savoir, que vise Idi Amin?

La question peut avoir plusieurs versants dès lors qu’en revisitant l’histoire,on se rappelle du fameux complot Peul et de sa nauséabonde politique de « Situation Particulière du Fouta » de 1976 qui emporta d’illustres fils de la région comme Diallo Telli,Alioune Dramé et Docteur Alpha Oumar Barry.

C’est le Président Ahmed Sékou Touré un fils de Faranah comme Idi Amin,qui en était l’apôtre.

Arrivé au pouvoir en 2010 à la faveur de l’une des plus grandes mascarades électorales rarement enregistrées dans le monde entier,Alpha Condé s’est aussitôt engouffré dans le même boulevard avec sa politique du Manden-Djallon pour diviser les fils du Fouta allant jusqu’à publiquement aussi,traiter les Peuls d’étrangers en Guinée avec une belle couche d’insanités dont lui seul a le secret, les Peuls sont des poux et des punaises, ils sont des tortues dont il faut chauffer le derrière.excusez du peu.

Mais allons aux faits Historiques.

Contrairement à vos déclarations Télimélé n’est pas un nom diallonka.

C’est la contraction linguistique de l’arbre que les Peuls appellent TELI et que les Soussous appellent MELI qui a donné TELIMELE.

S’agissant du mot Nbarakissi qui veut dire je suis sauvé en malinké, il ne concerne pas nos frères Kissiens mais plutôt les Keita de Faramaya Kissidougou qui sont les descendants de Dankaran Touma le fils de Sassouma Bérété et demi-frère ainé de Soundiata Keita le fils de Sogolon Kédiou Condé.

Pour étayer mes propos je demande au Général Historien de se rendre dans le village de Maara situé à trois kms de Kissidougou-centre.il trouvera en ce lieu? trois tombes qui sont celles de trois jeunes filles vierges et qui sont symbolisées par trois pierres marquant le pacte signé entre Ntya Sarakolés, Frensola Kouranko et Lélé et Faramaya Malinké.

Nulle part il n’est fait mention des Kissiens qui seraient plutôt venus de l’Afrique Centrale si certains ne leur trouvent pas des liens avec les Peuls dont ils seraient les neveux.

Aussi, toutes les chroniques historiques sont unanimes pour faire des Bagas, Landoumas, Nalous, Limbans et Téminés, les premiers habitants du Fouta.

Ils y seront rejoins pour ceux d’entre eux qui n’avaient pas pris le chemin des cotes, par les Poulis animistes déniankés chassés du Fouta Toro par Souleymane Baal et Ckeik Kader en 1490.

Les Poulis dirigés par Koli Diadié et son fils Koli Tenguela bâtirent un vaste empire dont la capitale était Guemé Sangan dans l’actuelle préfecture de Télimélé.

C’est plus tard que les Diallonkés chassés du Mali après le déclin de l’empire, arrivèrent au Fouta.

Il est donc d’une cécité intellectuelle, de faire de cette région une terre Diallonké à moins qu’on ait derrière la tête comme bien d’autres avant le Général Historien, un plan de négation et d’exclusion des Peuls de la vie nationale surtout pour la conquête du pouvoir politique que certains pensent être d’un droit divin pour leur communauté.

Justement c’est la deuxième vague Peuls arrivée du Macina au 16e siècle musulmane celle-ci, qui va cohabiter avec les Diallonkés qu’ils soumettront par la suite de force à l’Islam par les guerres saintes dont la plus importante fut celle de Talansan en 1727.

Par exemple Mam Danéry l’ancetre des Timbonkés,est arrivé au Fouta-djallon en 1625 en provenance du Fouta Toro du Sénégal,via Mopti au Mali.

Sa descendance peuplent les villages de Kourou-Niagara,Bhouria,Ndantaba,Sankaréla,Porédaka, dans Mamou,Kolladhé-Kankalabé dans Dalaba,Timbi-Madina et Ninguelandé dans Pita,Pounthioun et Bombourou dans Labé,le Koin dans Tougué et Donghol et B

Vaincus et désespérés, certains quittèrent le Fouta pour s’installer en basse-cote et dans le Solima à Faranah tandis que ceux qui restèrent entretinrent d’excellentes relations de cohabitation et de fraternité en Islam avec les nouveaux maitres de la région qui y fondèrent au début du 17e siècle, la Confédération Théocratique du Fouta-Djallon.

La précision est importante.car, elle montre l’unité et la solidarité de tous les habitants de la région.

Ce qui est d’ailleurs toujours d’actualité malgré l’acharnement des extrémistes à vouloir tailler le Fouta-Djallon en pièces dans le seul but d’empêcher un de ses fils d’accéder un jour, à la magistrature suprême de la Guinée.

C’est pourquoi on peut naturellement penser que le moment choisi par le Ministre de la Défense pour faire sa communication dans un camp militaire, intègre un plan machiavélique bien muri et exécuté dont le déploiement quasi permanent des forces de défense et de sécurité, leurs agissements ethnicistes sur l’Axe de la Route Le Prince avec leurs lots de morts et de blessés, d’arrestations arbitraires,de menaces,de rackets, d’injures à caractère régionaliste et de pillages, est une des stratégies dans la perspective des élections à venir.

Mon Général Historien, sachez que dans tout contact entre des civilisations, il y a des emprunts et des rejets.il y a aussi des facteurs résiduels de survivances inhérentes aux hommes et aux aires historiques et sociologiques.

Je vous concède donc l’existence de noms Diallonkés au Fouta, mais cela vu sous le prisme des réalités, ne signifie nullement une antériorité possessive de la région.

Par exemple,Oklahoma et Indiana sont bien des noms Amérindiens qui sont restés dans l’histoire des Etats-Unis malgré la domination et le peuplement Européen.

Amadou Diouldé Diallo.